Nantiat, 
son histoire

Du nom celte « Nant » signifiant « vallée près des eaux » jusqu'au village d'aujourd'hui : plus de 1500 ans d'histoire à découvrir, entre patrimoine bâti, personnages oubliés et secrets enfouis sous nos pieds.

85 av. J.-C.

Premiers peuplements

25,42 km²

Superficie communale

413 m

Altitude · signal de Nantiat

1 633

Habitants · les Nantiauds

Ma mairie

—  Chapitre 01

L'origine du nom Nant, la vallée et la fontaine.

Nantiat tire son nom d'un mot celte ancien évoquant l'eau et la vallée. Une racine qui ancre profondément le village dans son territoire.

Nantiat doit son nom à « Nant », mot celte qui signifie « vallée fontaine ». Sur les origines précises, les points de vue divergent entre les historiens : la commune pourrait également tirer son nom de « Nanthuat », soit une vallée près des eaux, ou bien encore de la déesse celte Nantosuelta, peut-être représentée sur la mystérieuse Croix-Paraud, monument celto-gaulois encore visible aujourd'hui à 200 mètres du bourg.

Selon un érudit italien de passage dans la région, un historien antique évoque dans ses récits la tribu des Nantiatés. Bien avant l'arrivée des Romains, les Celtes occupaient le pays de Nantiat. C'est vers la fin du néolithique, plus de 1500 ans avant notre ère, que les premières populations, des nomades venus d'Europe centrale, s'installèrent sur ce territoire.

On sait qu'en 85 avant Jésus-Christ, la ville était déjà peuplée. Le mobilier patrimonial, comme la Croix-Paraud, le démontre.

— Yvonne Gosan, historienne de la commune

Aujourd'hui encore, les habitants de Nantiat sont appelés les Nantiauds et les Nantiaudes. Un gentilé qui perpétue, à travers les siècles, l'écho lointain de cette tribu antique.

—  Chapitre 02

Des celtes au moyen âge, quinze siècles de bâtisseurs.

Châteaux, monastères, peste et guerres : le second millénaire dessine progressivement la silhouette du village actuel.

Lorsqu'entre 980 et 1020, l'agriculture se développe, une société féodale se met en place autour du bourg. Châteaux et monastères fleurissent dans la campagne limousine. Entre les XIᵉ et XIIIᵉ siècles, un couvent s'établit aux Lèzes. Il ne reste de ce monument qu'une tour carrée, témoin silencieux de cette époque monastique.

La peste noire et la guerre de Cent Ans

Au XIVᵉ siècle, la commune alors baptisée Nantiac est ravagée par la peste noire. Une statue installée dans l'église témoigne encore de ce fléau : elle représente Saint-Roch, portant les stigmates de la maladie. La guerre de Cent Ans a aussi marqué profondément le village : un conflit aurait opposé les Anglais et l'armée du Vicomte Jean de l'Aigle sur la place du château de Fredaigue, dont il ne reste plus aujourd'hui que des traces.

LE SAVIEZ VOUS ?

Le roi Henri IV à Maison-Rouge

Le 14 octobre 1605, le roi Henri IV arriva au lieu-dit Maison-Rouge sur la route de Poitiers, alors qu'il se rendait à Limoges. Il y reçut les consuls de la ville venus prendre ses ordres. Un épisode royal méconnu de l'histoire nantiaude.

La naissaince du village actuel

Le village tel que nous le connaissons aujourd'hui se dessine au XVIIᵉ siècle. Des maisons se dressent sur la place de la Mothe et près du cimetière aux alentours de 1620. Les seigneurs Sautier, Faulcon, Picon et Chauvet se succèdent, chacun laissant son blason et son histoire dans le tissu rural de la paroisse.

—  Chapitre 03

Les souterrains-refuges,  secrets enfouis sous le bourg

Sous les rues de Nantiat se cache un réseau de galeries millénaires, témoins muets des heures sombres qu'a traversées le village.

Entre les souterrains et Nantiat, c'est une très vieille histoire. S'il faut remonter à 1906 pour trouver la trace officielle de la découverte des vestiges sous la place de la Mothe, les premiers écrits évoquant ces galeries datent de 1888. Cette année-là, l'Abbé Leclerc, curé de Compreignac, rédigea une note à la suite d'une découverte stupéfiante : un cœur de plomb, sorte de « châsse » funéraire, mis à jour sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale.

On y découvre une odeur, un parfum d'embaumement et un cœur d'adulte. À qui appartient ce cœur ? On suppose qu'il appartiendrait peut-être à un ancien curé inhumé en 1648, ou à Saint-Vincent, apôtre de l'église de Nantiat.

— Notes de l'Abbé Leclerc, 1888

Le cœur de plomb est aujourd'hui entreposé au musée de l'Évêché à Limoges. Mais c'est en le découvrant que l'on remarqua l'entrée d'un souterrain et il s'avéra qu'à Nantiat, des souterrains, il y en avait beaucoup.

Des abris à travers les siècles

Si l'on ne retrouve nulle part les dates précises de leur construction, les chercheurs supposent qu'ils ont servi pendant les périodes troublées : la Guerre de Cent Ans (1337-1453), les guerres de religion (1569-1598) et pendant les heures sombres de la Révolution. Les ancêtres y entreposaient des vivres, et l'on a retrouvé en 1906 des ustensiles ménagers en poterie, une arme, des poteries mérovingiennes, des urnes, des sépultures funéraires et des puits avec des cheminées.

EN CHIFFRES

Une capacité de 100 personnes

Les galeries mesurent en moyenne 0,40 m de hauteur sur 0,30 m de largeur et il fallait ramper pour s'y faufiler. Mais elles menaient à des « chambres » bien plus spacieuses, capables de recueillir une centaine de personnes. La lumière y tenait bien et il était possible d'y faire des feux de cheminée.

Aujourd'hui, toutes les entrées ont été murées et condamnées. Mais le sous-sol de Nantiat garde la mémoire d'un passé où ces refuges permettaient aux habitants d'y survivre.

—  Chapitre 04

L'église & ses vitraux exceptionnels de la Grande Guerre

Sous les rues de Nantiat se cache un réseau de galeries millénaires, témoins muets des heures sombres qu'a traversées le village.

Entre les souterrains et Nantiat, c'est une très vieille histoire. S'il faut remonter à 1906 pour trouver la trace officielle de la découverte des vestiges sous la place de la Mothe, les premiers écrits évoquant ces galeries datent de 1888. Cette année-là, l'Abbé Leclerc, curé de Compreignac, rédigea une note à la suite d'une découverte stupéfiante : un cœur de plomb, sorte de « châsse » funéraire, mis à jour sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale.

Six vitraux, un témoignage rare

La plupart des églises ayant été construites avant la Première Guerre mondiale, les édifices religieux qui rendent hommage aux victimes de 14-18 sont peu nombreux dans la région. Nantiat fait exception à la règle. Pas moins de six vitraux placés au cœur de l'église sont consacrés à cet épisode douloureux de l'Histoire et ils sont datés de 1914 et 1915, quelques mois seulement après les premières batailles.

En 1914, il y avait une grande unité à l'intérieur du pays pour faire front. La municipalité, le curé et l'ensemble de la population étaient d'accord pour témoigner de la disparition de leur jeunesse, quelques mois après le début des combats.

— François Le Ciclé, spécialiste, conférencier à Nantiat

Ces œuvres rendent hommage aux jeunes hommes du canton disparus lors des affrontements du 22 août 1914, journée tragique qui coûta la vie à 27 000 soldats français. Réalisés par Louis Balmet, maître verrier de Grenoble, ces vitraux ont été offerts par les paroissiens ou par les familles elles-même, celles de Paul Legrand, de Robert-Jean Dondaine et bien d'autres voient encore la mémoire de ces victimes honorée à la lumière du jour qui traverse l'église

—  Chapitre 05

Le "vrai" père du métro parisien repose à Nantiat

L'histoire d'une injustice oubliée et d'un Nantiaud visionnaire qui imagina, dès 1869 le métropolitain de la capitale.

Le saviez-vous ? Le « vrai » père du métro parisien n'est pas Fulgence Bienvenüe comme on a tendance à le croire mais le très oublié et méconnu Jules-César Buisson des Lèzes (13 septembre 1832 – 1909), conseiller général et maire de Nantiat, qui en fut le concepteur originel.

Certes, il n'a pas imaginé toutes les phases techniques des travaux dirigés par Bienvenüe, chef des services techniques du métro. Mais il aurait quand même bien mérité d'être associé à la naissance de cet audacieux chantier !

Procès & dépossession

« Montparnasse Jules-César » plutôt que « Bienvenüe »

Buisson des Lèzes n'apprécia pas d'avoir été dépossédé par Bienvenüe de la paternité du métropolitain. Il intenta un procès à la Ville de Paris demandant un dédommagement de 2,5 millions de francs. Hélas, le malheureux mourut avant l'intervention du jugement et n'obtint pas gain de cause. La station « Montparnasse-Bienvenüe » porte aujourd'hui toujours le nom de l'usurpateur… elle aurait pourtant mérité de s'appeler « Montparnasse Jules-César ».

Une vision en avance d'un demi-siècle

C'est bien Buisson des Lèzes qui, dès 1869 pris d'amour pour la capitale en avait conçu les plans. Lenteur des procédures oblige, son projet ne fut adopté par le Conseil Municipal de Paris qu'en 1883. La déclaration d'utilité publique ne fut votée qu'en 1897, et la loi concernant un métropolitain urbain fut ratifiée le 30 mars 1898. Les premiers travaux furent lancés le 4 octobre de la même année.

Le 19 janvier 1900, la ligne n°1 fut ouverte quasiment dans l'indifférence générale, au moment où Paris vivait l'Exposition Universelle. Mais ce nouveau moyen de transport ne mit pas longtemps à susciter l'enthousiasme et l'émerveillement des Parisiens.

Jules-César Buisson des Lèzes repose dans le cimetière de Nantiat, commune pour laquelle il avait été maire, succédant à son père. Au moment de sa mort, il avait en tête un autre projet, cette fois pour sa région : la construction d'une ligne directe de chemin de fer entre Limoges et Tours.

—  Chapitre 06

Hameaux & lieux-dits de la commune

Vingt-six hameaux constellent le territoire communal, chacun avec son histoire, ses seigneurs et ses légendes.

La commune de Nantiat compte de nombreux villages et lieux-dits, dont certains remontent au Moyen Âge. L'Age, dont Poncet Sautier était seigneur avant 1477. Frédaigue, dont le château aujourd'hui disparu fut donné par le roi Charles aux Chauvet en 1495. Les Lèzes, belle habitation dominant l'étang de Conore, propriété successive des Sautier, Faulcon et Picon.

  • L'Age
  • Clavière
  • Fianas
  • Gouttelard
  • Léobardy
  • Maison-Rouge
  • Montplaisir
  • La Roche
  • La Vauzelle
  • Belair
  • La Crèche (moulin)
  • Frédaigue
  • La Lande
  • Les Lèzes
  • Migoulet
  • Périsset
  • Le Roule
  • Villechenoux
  • Boussy (moulin)
  • Croix-Martin
  • Frejeaigue
  • Lascoux-Martin
  • Maison-Neuve
  • Montaurand
  • Puy-Pichaud
  • Saint-Géry

SOURCES & ARCHIVES

Pour aller plus loin

  • André Lecler — Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne (1902-1909)
  • Archives départementales de la Haute-Vienne — Listes des maires du département, par Claudine Gourinal
  • Yvonne Gosan — Travaux historiques sur la commune de Nantiat
  • François Le Ciclé — Conférence sur les vitraux 14-18 de l'église de Nantiat
  • Abbé Nadaud (1712-1775) — Pouillé du diocèse de Limoges
  • Franck Jacquet — Article sur les vitraux commémoratifs
  • Notes de l'Abbé Leclerc (1888) — Découverte du cœur de plomb